Etonnants souvenirs de la famille Mickiewicz

Les objects de mémoire dans la collection de la Société Historique et Littéraire / Bibliothèque Polonaise de Paris

L’ensemble des souvenirs de la famille Mickiewicz est un des éléments estimable de la collection de la Société Littéraire et Historique / Bibliothèque Polonaise de Paris. Certains d’entre eux, comme la plume d’oie d’Adam, les binocles de sa femme Celina ou leurs alliances, font partie de l’exposition permanente du musée Adam Mickiewicz situé à la Bibliothèque Polonaise de Paris. Ce musée a été fondé en 1903 par Ladislas, le fils du poète. La collection familiale comporte plus de 100 objets liés à la vie quotidienne d’Adam Mickiewicz, de ses proches et de ses amis. Elle documente également les relations amoureuses – durables ou passagères – du poète. Ci-dessous dans la galerie virtuelle, nous présentons près de 40 pièces remarquables de la collection, dont certaines sont exposées pour la première fois au public. On y trouve des bijoux précieux, une mèche de cheveux de Napoléon Bonaparte ou encore des rasoirs ayant appartenu à Adam Mickiewicz. L’ordonnancement des souvenirs présentés rappelle le rythme mouvementé de la vie du poète : de son enfance en Lituanie à ses années d’études à Vilnius, en passant par son séjour à Moscou, son voyage à Weimar et en Italie, pour arriver enfin à son déménagement à Paris, les succès de son activité professionnelle, ainsi que sa dernière expédition : la mission diplomatique à Istanbul.

Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
1 / 40

Dernière plume d’Adam Mickiewicz

La plume d’oie est, depuis des siècles, le principal instrument de l’écriture. Or, en 1840, du fait de l’essor de la révolution industrielle donc à un accès plus large à l’acier, la plume traditionnelle est progressivement remplacée par la plume métallique. Cette innovation facilitait l’écriture, réduisait l’usure de l’outil et la nécessité d’affûter la pointe trempée dans l’encre. La plume ci-dessus, attribuée à Adam Mickiewicz, a pu être utilisée par l’écrivain lors de sa mission à Istanbul en 1855. La même année, après sa mort soudaine, cette plume (ainsi que son corps) retourne à Paris et est aujourd’hui exposée à la Bibliothèque Polonaise de Paris. L’état du « stylo » indique que le poète le taillait lui-même et par là même, refusait la nouveauté qu’était alors la plume métallique.

Dernière plume d’Adam Mickiewicz, MAM 561/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko
2 / 40

Buvard, encrier portatif et dernière plume d’Adam Mickiewicz

Outre la plume, le papier buvard et l’encrier dévoilent les coulisses du travail quotidien de l’écrivain. Les traces de grappes de mots estampillées sur le papier buvard ainsi que les nombreuses tâches d’encre renforcent l’hypothèse que Mickiewicz l’utilise comme support. Ce support en papier de soie lui a certainement servi lors de la composition de son épopée nationale Monsieur Thadée, dont la rédaction est initiée en 1833 à Paris.

Dernière plume d’Adam Mickiewicz, MAM 561/BPP/THL.
Buvard d’Adam Mickiewicz en cuir gaufré, MAM 559/BPP/THL.
Encrier portatif d’Adam Mickiewicz, MAM 670/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
3 / 40

Serviette et carte de visite d’Adam Mickiewicz

Au XIXe siècle, les accessoires en cuir – serviettes, sacs, valises de voyage, malles et mallettes – sont souvent signés des noms de leurs propriétaires. L’inscription sur le champ fermant la serviette présentée ici a été faite à Saint-Pétersbourg à la demande d’un membre de la famille Mickiewicz. On y lit « Mackiewicz », ce qui est évidemment une faute de frappe. C’est également au XIXe siècle que les arts graphiques, en particulier la lithographie, contribuent à l’essor de l’industrie des souvenirs personnalisés : des cartes de visite ou encore des cartes postales. Dans la collection des souvenirs de la famille Mickiewicz, un exemple de tels objets est une plaque en cuivre : la matrice des cartes de visite d’Adam.

Serviette avec l’inscription : « Mackiewitch », MAM 560/BPP/THL.
Plaque de cuivre : « Adam Mickiewicz » pour cartes de visite, MAM 564/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
4 / 40

Rasoirs d’ Adam Mickiewicz

Parmi les objets d’usage quotidien conservés à la Bibliothèque Polonaise de Paris et appartenant autrefois au barde de la nation polonaise [Mickiewicz], il y a cette paire de rasoirs. Le poète accorde sûrement beaucoup d’attention à son apparence. Parmi les nombreuses descriptions de son visage, on peut trouver la suivante : « A 55 ans, le visage de Mickiewicz était resplendissant, tout en lui ayant l’air jeune et rayonnant, jusqu’aux impressionnantes rouflaquettes. Ses cheveux gris, la raie au milieu de sa tête, tombaient sur ses épaules. »* Les rasoirs pouvaient donc être utilisés pour entretenir ses favoris. Du fait de leur abondance, ses favoris révèlent le caractère de la physionomie du poète, au point que leur représentation domine presque tous les portraits d’artiste de l’époque.

*Wiktor Baworski, Odwiedziny u Mickiewicza, „Nowiny 41”, 1856, p. 326-327; Władysław Bełza, Kronika potoczna i anegdotyczna z życia Adama Mickiewicza, Warszawa, 1998, p. 197-198.
Une paire de rasoirs de Mickiewicz, MAM 592/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
5 / 40

Feuilles de la « Charmille Mickiewicz » à Tuhanowicze

Le premier amour de Mickiewicz est Maria Wereszczakówna. Le couple se rencontre pendant l’été de 1818 à Tuhanowicze, propriété des parents de Maria. Or, la jeune fille est déjà promise au comte Puttkamer. Mickiewicz n’est pas assez riche pour pouvoir revendiquer sa main. Quoiqu’il en soit, cette relation amoureuse non aboutie a inspiré les Ballades et Romances à Mickiewicz. Les feuilles serties dans ce cadre doré conservé par Mickiewicz représentent le souvenir de son amour insatisfait. Elles proviennent de l’avenue de Tuhanowicze, plus tard renommée Aleja Mickiewicza – un lieu de rencontre pour les deux amoureux, d’où ils partaient pour des promenades vers le lac « Switez ». C’est aussi ici, que les descendants de Maria ont érigé un buste en hommage du poète ; en émane le sentiment de son amour malheureux. Trois mois plus tard, la sculpture est frappée par la foudre et brisée en petits morceaux.

Feuilles de la « Charmille Mickiewicz » à Tuhanowicze, MAM 577/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
6 / 40

Chapelet exécuté par Maryla Wereszczaka

Lors de leurs promenades, Mickiewicz et Wereszczakówna s’échangent des cadeaux. L’un d’eux, conservé à la Bibliothèque Polonaise de Paris, est un chapelet fait à la main par Maria composé de graines, d’herbes ou de fleurs récoltées et séchées. Des années après leur rupture, le poète offre également à Wereszczakówna un chapelet – chapelet acheté au Vatican – en guise de réponse à sa dernière lettre, reçue lors de son séjour à Rome.

Chapelet exécuté par Maryla Wereszczaka pour Adam Mickiewicz, MAM 576/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
7 / 40

Cheveux de Caroline Jaenisch

En 1824, Mickiewicz quitte à jamais Vilnius, sa ville natale. Il se rend à Moscou, où il fréquente les milieux littéraires. C’est ici qu’il se noue d’amitié avec Karol Jaenisch, professeur de physique/chimie. Bientôt, il donne des cours de polonais à sa fille Karolina ; pourtant dix ans les séparent. Elle reçoit bien sûr une excellente éducation, connaît plusieurs langues et se passionne pour l’art, ce qui ne manque pas d’éveiller l’intérêt de Mickiewicz. A son tour, Karolina partage son amour pour l’art avec le poète et, en signe d’affection, lui envoie un médaillon enfermant une mèche de ses cheveux nouée avec un ruban de soie rose.

Cheveux de Caroline Jaenisch, noués d’un ruban rose, dans un médaillon en verre, MAM 580/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
8 / 40

Bagues d’Adam Mickiewicz et Karolina Jaenisch

Cette affection, initialement éphémère, se transforme en un véritable projet de mariage. Mais pour de multiples raisons, il n’aboutira jamais. Naît ainsi une amitié platonique menant à la spiritualité. En souvenir de leur relation, basée sur le respect mutuel, Karolina et Adam s’échangent deux bagues en or. La bague de Mickiewicz représente un portrait (assez maladroit) en relief du poète, serti d’un chaton. Quant à celle offerte par Jaenisch, le chaton de la bague est rempli d’émail noire, révélant l’initiale en lettre gothique « M » – comme Mickiewicz.

Bague en or avec l’effigie de Mickiewicz, MAM 578/BPP/THL.
Bague en or avec une initial « M » du nom de Mickiewicz sur émail noire, MAM 579/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
9 / 40

Feuille de la tombe de Stefan Garczyński

Le poète polonais Stefan Garczyński, est un ami proche de Mickiewicz. Ils se rencontrent à Berlin en 1828. Garczyński joue un rôle important dans la vie de l’écrivain. Son acte héroïque lors de l’Insurrection de Novembre à Varsovie (1830) relaté à Mickiewicz, incite Adam à écrire le poème Reduta Ordona. Grâce à Garczyński, Adam rencontre également l’historien Eduard Gans, qui lui souffle l’idée d’écrire le roman national, Monsieur Thadée. Adam prend soin de son ami Garczyński jusqu’à la fin de sa courte vie. Après sa mort en Avignon, Mickiewicz se charge de l’enterrement. Une feuille de la tombe de Garczyński, récupérée par Mickiewicz, symbolise donc à la fois l’amitié entre ces deux artistes et témoigne du sentimentalisme au XIXe siècle dédiée à la préservation de la mémoire des morts.

Une feuille de la tombe de Stefan Garczyński, MAM 584/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
10 / 40

Cheveux de Napoléon

La mèche de cheveux présentée ici appartient au personnage historique le plus admiré par Mickiewicz, Napoléon Bonaparte. Comme l’indiquent les biographes du poète, le jeune Adam est très impressionné par l’Empereur: « tout d’abord, l’entrée triomphale du jeune « roi de Westphalie » dans toute sa splendeur et de ses grandes et brillantes troupes. Le retour des troupes ravagées, affamées, émaciées sera à jamais gravé dans l’esprit de l’enfant. »* Selon le mot manuscrit accompagnant le médaillon, cette mèche de cheveux est prélevée sur la dépouille de l’Empereur à Sainte-Hélène le 5 mai 1821. Mickiewicz a pu l’acquérir après son arrivée à Paris.

*Maria Gorecka, Wspomnienia o Adamie Mickiewiczu, opowiedziane najmłodszemu bratu, Warszawa, 1875; Władysław Bełza, Kronika potoczna i anegdotyczna z życia Adama Mickiewicza, Warszawa, 1998, p. 27.
Cheveux de Napoléon dans un médaillon, MAM 581/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
11 / 40

Cachet en acier avec le buste de Goethe

Un autre personnage suscite la grande estime de Mickiewicz : l’écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe. Ils deviennent amis, correspondent et se rencontrent très régulièrement. Leur première entrevue date de 1829 à Weimar, ville où vit l’auteur de Faust. Selon de nombreux témoignages, Goethe a une grande admiration pour Mickiewicz – son barde polonais – et lui demande d’accepter qu’un portrait de lui soit réalisé par un peintre local en guise de souvenir. Le cachet en acier avec le buste en camaïeu de Goethe est offert à Mickiewicz par un ami fidèle et poète, Julian Ursyn Niemcewicz, parrain de la fille aînée d’Adam, Helena.

Cachet en acier avec le buste de Goethe, MAM 585/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
12 / 40

Morceaux de mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise

Au XIXe siècle, partir en Grand Tour, est un voyage visant à acquérir, affermir ses connaissances sur la culture et la civilisation d’une région donnée, qui s’effectue le plus souvent en Italie. Tout comme son ami Johann Wolfgang von Goethe, Mickiewicz s’y rend depuis Weimar. Durant ce voyage, Adam visite Venise, Florence et Rome en compagnie de son ami, Antoni Odyniec. Les trois cubes dorés, enfermés dans une boîte, sont des fragments de la célèbre décoration en mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise. Imaginons un instant Adam grattant le mur du temple pour extirper les petits cubes. Sont-ils le plus précieux souvenir de son voyage ? Jusqu’alors, ces fragments sont pieusement conservés, comme des reliques de saints, à la Bibliothèque Polonaise de Paris.

Morceaux de mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise, MAM 588/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
13 / 40

Alliances d’Adam et Céline Mickiewicz

« Le 22 juillet 1834, mardi, à 10 heures, Adam Mickiewicz et Celina Szymanowska se sont mariés. » Un mois après le mariage, le poète écrivit à son frère Franciszek: « Célina est la femme que je cherchais. Toujours heureuse, elle adore toutes sortes d’aventures et sait se contenter de peu. »* La simplicité de la forme des deux alliances rend admirablement le caractère intime de cet événement. Sur la bande intérieure, se trouvent des inscriptions gravées commémorant le jour de la cérémonie, précédées des initiales « C. S. » [Celina Szymanowska] et « A. M. » [Adam Mickiewicz].

*Władysław Bełza, Kronika potoczna i anegdotyczna z życia Adama Mickiewicza, Warszawa, 1998, p. 142.
Alliance d’Adam Mickiewicz, MAM 555 /BPP/THL.
Alliance de Céline Mickiewicz, MAM 556/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
14 / 40

Face à main de Céline Mickiewicz

Au XIXe siècle, les jumelles mais aussi les montres de poche, boutons décoratifs, ou bien encore lunettes sont les accessoires de mode les plus demandés par les femmes. Cette paire de lunette, dite « face à main », appartenait à l’épouse de Mickiewicz, Celina. Cela est attesté par l’inscription avec les initiales « C. S » [Celina Szymanowska], située sur la poignée décorative en laiton doré, gaufré, ciselé, et décorée d’un motif rocaille. Le caractère pratique de l’objet, servant à une lecture quotidienne, se traduit par l’attache en forme d’anneau conçu pour une chaînette dorée manquante, qui permettait de garder les lunettes suspendues autour du cou.

Face à main avec initiales « C.S. », de Céline Mickiewicz, MAM 575/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
15 / 40

Boite de Helena Szymanowska

La collection de souvenirs de Mickiewicz comprend également ceux appartenant à d’autres membres de la famille. Le coffre, ci-dessu, est recouvert d’une décoration en laque européenne. C’est un cadeau de fiançailles de Franciszek Malewski (l’ami de Mickiewicz de Vilnius) pour Helena Szymanowska, sœur de Celina Mickiewicz et future épouse de Franciszek. Il sert à ranger les cartes à jouer, comme en témoigne leur représentation inscrite en cartouche décoratif située sur le couvercle de la boîte. L’application de décorations imitant la laque japonaise sur les boîtes, coffres, ou meubles sont, entre autres, une spécialité anglaise et connait un franc succès parmi la bourgeoisie européenne dès les années 1840.

Boite donnée par Franciszek Malewski à Helena Szymanowska quand elle était fiancée, MAM 675/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
16 / 40

Cœurs en or de la familie Malewski

Fiançailles, mariages et baptêmes, ainsi que les anniversaires, sont des occasions au cours desquelles des objets commémoratifs sont échangés. Ici, les médaillons d’or en forme de cœur, ont été réalisés pour célébrer le 25e anniversaire de mariage d’Helena et de Franciszek Malewski. Ils portent des inscriptions gravées avec les prénoms et les dates de naissance de leurs nombreux enfants.

Cœurs en or exécutés à l’occasion du 25ème anniversaire de mariage d’Hélène Szymanowska avec François Malewski, MAM 640/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
17 / 40

Bague en or ornée de cheveux d’Helena Malewska

Nous ne connaissons pas les circonstances de la création de cette bague. Cependant, nous connaissons son commanditaire – il s’agit d’Helena Malewska, née Szymanowska, sœur de Celina Mickiewicz. Le caractère intime de cet objet est souligné non seulement par le prénom « Helena » gravé sur le chaton de la bague, mais également par une mèche de cheveux judicieusement placée dans un creux de l’anneau de sorte qu’elle se déploie autour de la  bague.

 

Bague en or ornée de cheveux, avec inscription : « Helena » de Romuald Szymanowski, MAM 649/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
18 / 40

Pendants d’oreilles camés d’Hélène Malewska

Le style de bijoux des femmes proches d’Adam Mickiewicz s’inscrit dans la lignée de l’époque Biedmaier, c’est-à-dire de la culture de la classe moyenne marquant la période du Congrès de Vienne jusqu’à l’éclatement du Printemps des Nations (1818-1848). Cette paire de boucles d’oreilles à la décoration imitant des camées antiques, appartenait à Helena Malewska (la sœur de Celina Mickiewicz) et son style confirme cette affiliation. Leur richesse est en phase avec les tendances dominantes de l’époque favorisant les robes décolletées exposant le cou et les épaules, les coiffures hautes permettant de parer les oreilles de décorations éclatantes. Les montures des boucles d’oreilles, conformément aux pratiques joaillières, sont exécutées en or soufflé, tandis que les camées – sculptés dans la pierre bleue – utilisent le motif du masque.

Pendants d’oreilles camés sur pierre bleue et or estampé d’Hélène Malewska, MAM 618/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
19 / 40

Cachet- breloque de la famille Malewski

Les cachets bénéficient également du savoir-faire de l’époque. Taillés dans des pierres précieuses, ils portent le nom des familles bien nées et de leurs équivalents héraldiques. Ici nous présentons le cachet-breloque à trois faces, sculptés en topaze, doté d’une poignée en or. Toutes les trois portent respectivement des inscriptions gravées : la première figure les armoiries de la famille « Jastrzębiec », la deuxième une inscription en mandarin, transcription du nom « Malewski », et la troisième, le nom de famille « Malewski ». Ce dernier appartient probablement à Franciszek Malewski, un ami de

Mickiewicz rencontré lors de ses études en Lituanie, ou à son père, Szymon Malewski, recteur de l'Université de Vilnius. Cachet- breloque en or et topaze taillée à trois faces de Franciszek ou Szymon Malewski, MAM 637 /BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
20 / 40

Souliers de satin blanc de Maria Szymanowska

L’ensemble des objets les plus importants, les plus précieux de la collection de la famille Mickiewicz, est celui appartenant à la belle-mère d’Adam, Maria Szymanowska. Szymanowska s’inscrit dans l’histoire en tant que l’une des premières pianistes-femmes professionnelles. Originaire de la famille anoblie, elle suit un enseignement solide, ce qui lui permet de développer sa passion pour la musique. La paire de chaussons de satin que nous présentons, lui sert lors de sa jeune éducation. À partir de l’âge de neuf ans, elle prend des cours de piano et apprend à danser. Ces chaussons ont été achetés à Paris, comme en témoigne l’étiquette indiquant le nom du cordonnier ainsi que le nom et l’adresse de la boutique parisienne.

Souliers de satin blanc de Maria Szymanowska, MAM 612/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
21 / 40

Carnet de bal de Maria Szymanowska

Au XIXe siècle, la vie sociale est gouvernée par un formalisme pompeux qui s’applique également au champ de la danse. La garantie d’un bon déroulement du bal est un petit objet : le carnet de bal. Les dames se le procurent dans les boutiques ou encore se le voit offrir au début des soirées dansantes. Les Messieurs souhaitant demander une danse, doivent inscrire leur nom dans ce carnet. Celui que nous présentons ici, appartient à Maria Szymanowska. Il confirme la règle de ce principe omniprésent du savoir-vivre. La reliure en argent est découpée et ajourée. Les pages du carnet ont des bords dorés. Un crayon miniature avec poignée en argent, relié par une chaîne y est attaché pour faciliter la rédaction de l’ordre des danseurs inscrits.

Carnet de bal de Maria Szymanowska/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
22 / 40

Bracelet de Maria Szymanowska

Les bijoux de Maria Szymanowska, mère de Celina Mickiewicz et pianiste affirmée, forment la partie la plus précieuse de la collection Mickiewicz. Selon l’inventaire, ce bracelet orné de pierres précieuses – saphir et perles – est offert à la pianiste par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Elle le reçoît en cadeau probablement après l’un de ses concerts à Paris (1824), Vienne ou Saint-Pétersbourg. Conformément aux pratiques de l’aristocratie européenne du XIXe siècle, les joyaux sont souvent l’expression ultime de l’admiration portée aux écrivains, poètes et pianistes.

Bracelet souple à maillons d’or avec saphir et perles de Maria Szymanowska, MAM 599/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
23 / 40

Dès en or de Marie Szymanowska

Cet objet conçu avec un raffinement exquis est un dé à coudre appartenant à Maria Szymanowska. Il incarne également le modèle d’éducation rudimentaire que Maria a reçu lors de son adolescence. Au XIXe siècle, toute jeune femme, même celle appartenant à la haute société, doit être initiée aux travaux de l’aiguille : couture, broderie et tricotage. Coulé en or, décoré de motifs floraux en émail bleu, il fait référence au style Empire tout comme les fleurs de lotus ou les branches de laurier. La face extérieure du couvercle en cuivre doré fermant le dé, comporte les initiales gravées de Maria Szymanowska: « M.S. ».

Dès en or et émail bleu de Maria Szymanowska/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
24 / 40

Parure de Maria Szymanowska

Au XIXe siècle, les bijoux ne sont pas seulement un symbole de statut social, mais sont également un accessoire obligé de la tenue de la demoiselle. La broche de Maria Szymanowska fait probablement partie d’un ensemble, appelé une demi-parure qui comprend un collier et une paire de boucles d’oreilles. Formant un nœud, elle accompagne Maria dans ses sorties à l’opéra, au théâtre ou au bal. La particularité de cet objet est l’emploi de diverses techniques utilisées en joaillerie. On y trouve des pierres polies, comme la turquoise, placées sur les rebords des rubans, plusieurs couleurs d’émail qui forment l’encloisonnement aux motifs floraux ou encore des mosaïques sur le nœud de papillon.

Parure de Maria Szymanowska, MAM 604/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
25 / 40

Boucle en or de Catherine Malewska

Au XIXe siècle, les promenades, les sorties au théâtre ou à l’opéra se présentent comme une excellente occasion d’exposer ses bijoux. La boucle en or, présentée ici, orne un chapeau ou un décolleté de robe. Sa décoration utilise la technique de granulation, c’est-à-dire de l’or modelé en petites boules, et de cannetille, une technique développée au 19ème siècle pour obtenir un certain type de filigrane, composé d’un fil fin ou de bandes bien enroulées ou torsadées, formant ainsi des volutes ou des rosaces. Enfin vient la décoration en pierres polies, c’est-à-dire les turquoises, topazes ou améthystes.

Boucle en or de Catherine Malewska, femme du recteur de l’Université de Wilno, MAM 641/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
26 / 40

Bracelet de Zofia Brochocka

Les mèches de cheveux décorent non seulement les chatons des bagues, les montures des broches ou des colliers, mais servent également à la fabrication de bijoux. Le bracelet ci-dessus appartient à Zofia Brochocka, sœur de Franciszek Malewski, ami proche de Mickiewicz. Zofia est considérée comme la muse de la Société des Philomates à laquelle Adam lui-même appartient. Le bracelet est composé de cheveux tressés, avec un fermoir en or finement ciselé rappelant une forme de serpent à sonnettes mangeant sa propre queue. Ce bijou est de nature sentimentale. De plus, le motif du serpent à sonnette fait référence à la mythologie grecque, ouroboros, symbolisant les deux constantes arbitraires : la destruction et la renaissance, qui jalonnent l’infini.

Bracelet serpent en or et cheveux tressés de Zofia Brochocka, MAM 643 /BPP/THL. Fot. Hanna Zaworonko
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
27 / 40

Bracelet de Zofia Brochocka

Le bracelet de Zofia Brochocka est composé de perles d’or en alternance avec des pierres semi-précieuses polies (agate, labradorite, malachite). Le caractère romantique de ce bijou est souligné par des porte-clés attachés à la chaîne avec des perles : l’ancre en jade enlacée d’un serpent en or, la croix en cornaline et le cœur en lapis-lazuli. Par ailleurs, cette symbolique nous renvoie aux trois vertus de la foi chrétienne : la foi, l’espérance et l’amour…

Bracelet en or et pierres de seconde ordre avec une croix en cornaline, une ancre en jade et un cœur en lapis-lazuli, MAM 642/BPP/THL,
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
28 / 40

Bague en or, ornée d’une lyre d’Adama Mickiewicz

Parmi les pièces chargées de sentiments, on retrouve bien sûr les cadeaux reçus par Mickiewicz. Le 8 août 1832, les émigrants polonais de Besançon ont offert à Mickiewicz la bague en or décorée d’une lyre commémorant ainsi le talent de l’écrivain et la publication récente de son ouvrage Livres des Nations et du Pèlerinage polonais. Cette bague est accompagnée d’un appel : « Tu sais, la Patrie sors de sa tombe et sur l’autel nos femmes polonaises si vertueuses déposent les cadeaux les plus précieux venant d’hommes de haute stature vivants ou décédés, ainsi que les anneaux de leurs maris et leurs amants. Ces cadeaux étaient fondus pour se transformer en pièce de monnaie pour payer les frais de guerre pour la patrie, pour la liberté de la Pologne ! L’un d’eux, soigneusement gardé jusqu’à présent, prend sa forme ancienne en votre honneur, mon ami ».

Bague en or, ornée d’une lyre dans une couronne de laurier, MAM 554/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
29 / 40

Bâton de pèlerin d’Adam Mickiewicz

L’histoire de cet objet – le bâton de pèlerin, fait référence à la période mystique de la vie d’Adam Mickiewicz. Au début des années 1840, Adam se noue d’amitié avec le théosophe Andrzej Towiański, amitié qui le conduira à la renaissance spirituelle. Pendant cette période, Mickiewicz organise de nombreuses réunions chez lui, au cours desquelles il se livre régulièrement à des prophéties concernant le sort de la Pologne. De ce bâton surgit probablement une aura car Mickiewicz est considéré comme le « docteur des âmes », celui qui unit la nation par l’intermédiaire des mots. En 1929, Antoine Bourdelle se servira du motif du bâton pour son projet de monument parisien érigé en hommage à Mickiewicz.

Bâton de pèlerin d’Adam Mickiewicz, MAM 671/2004/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
30 / 40

Médaillon en hommage des trois professeurs de Collège de France

En tant que savant, Mickiewicz est sollicité pour donner des conférences au Collège de France. De la part du milieu intellectuel, cela n’est pas seulement une expression de reconnaissance pour l’œuvre du poète, mais reflète aussi l’intention de lui confier la mission d’affirmer la réelle valeur des écrits littéraires en langues slaves. Ci-dessus, cette médaille aux trois effigies est réalisée en hommage aux trois professeurs qui ont tenu le siège du Collège de France entre 1844 et 1845. On y reconnaîtra Edgar Quinet, Jules Michelet et Adam Mickiewicz.

Médaillon en hommage des trois professeurs de Collège de France: Adam Mickiewicz, Jules Michelet et Edgar Quinet, 1845/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
31 / 40

Bagues de fiançailles de Ladislas et Maria Mickiewicz

La deuxième paire d’alliances venant de la collection de souvenirs de la famille Mickiewicz appartient au fils du barde polonais, Ladislas, et à son épouse Maria née Malewska. De même que les alliances d’Adam et Celina, elles portent des inscriptions en leur bande intérieure, commémorant la date et le lieu des fiançailles, c’est-à-dire entre le 8 juin 1861 à Kobryn et le 24 juin 1861 à Saint-Pétersbourg. Nous admirons ici une décoration exquise. Sur la bande extérieure des alliances coulées en or, on entrevoit l’application d’une couche d’émail bleu clair.

Paire de bague de fiançailles Ladislas et Maria Mickiewicz, MAM 661 et MAM 662/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
32 / 40

Fleures de mariage de Maria Mickiewicz

Les fleurs de la couronne de mariage de Ladislas Mickiewicz et de son épouse Maria, ayant eu lieu le 23 mai 1863, sont une autre face du sentimentalisme romantique. Il semble que Ladislas aura hérité de son père le goût pour la préservation des traces du passé. La couronne correspondra donc à la manière de garder un souvenir semblable à l’encadrement des feuilles prélevées Avenue Mickiewicz à Tuhanowicze, encadrement symbolisant alors le premier amour d’Adam, Maryla Wereszczakówna.

Fleures de la couronne de mariage de Maria Mickiewicz née Malewska, le 23 mai 1863, MAM 679/BPP/THL.
Fot. THL/SHLP
33 / 40

Ladislas Mickiewicz dans son bureau

Même si cette photographie ne fait pas partie des souvenirs de la famille Mickiewicz, elle soulève une question essentielle pour la collection de Mickiewicz : son acte fondateur. Ici, figé à jamais, le portait fidèle de Ladislas Mickiewicz, le fils aîné d’Adam. En 1903, il décide en tant que directeur de la Bibliothèque Polonaise de Paris, de la création du Musée Mickiewicz et ce, via sa propre donation des souvenirs familiaux.

Ladislas Mickiewicz dans son bureau du directeur de la Société Historique et Litteraire de Paris, Fot. Mick.115/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
34 / 40

Débris du cercueil d’Adam Mickiewicz

La mort inattendue d’Adam Mickiewicz le 26 novembre 1855 a lieu lors d’une mission diplomatique à Istanbul. Des poignées métalliques, des restes de tôle et de bois sont les débris des cercueils utilisés pour l’enterrement de Mickiewicz. Le corps du barde est embaumé le 30 novembre et placé, par crainte que le poète ne soit mort du choléra, dans trois cercueils différents : en chêne, en étain et en noyer. Dans le premier d’entre eux, est déposée une photographie de la femme du poète, une mèche de cheveux de son plus jeune fils, Józef, un crucifix et un linceul pour couvrir son visage. A la demande de la famille, le corps de l’écrivain est retourné à Paris la même année.

Débris du cercueil d’Adam Mickiewicz, MAM 595/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
35 / 40

Herbes et tissu du cercueil d’Adam Mickiewicz

Parmi les objets gardés en mémoire des cérémonies funéraires de Mickiewicz à Istanbul, il y a un bout de linceul et des branches de conifères séchées. Ils témoignent alors du rite d’inhumation au Moyen-Orient. Tout d’abord, le corps du défunt est embaumé, d’où la quantité importante d’herbes conservées, puis il est enveloppé dans un linceul de coton. Ces objets ont été mis dans un cadre décoratif, comme on le faisait autrefois avec les reliques des saints. Le XIXe siècle aura ainsi élevé des autels à l’artiste-génie.

Morceaux de tissu recouvrant le cercueil de Mickiewicz/BPP/THL.
Herbes trouvées dans le cercueil de Mickiewicz/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
36 / 40

Cheveux d’Adam Mickiewicz

Au XIXe siècle, placer des cheveux dans un médaillon en verre est une pratique courante. Le plus souvent, ces médaillons sont fermés avec un anneau doré et leur fonction ne se limite pas à une commémoration. Ce prélèvement de cheveux est souvent et avant tout une expression de sympathie et d’amour. Ici, nous voyons un médaillon avec une mèche de cheveux d’Adam Mickiewicz, prélevée après sa mort à Istanbul.

Médaillon avec une mèche de cheveux d’Adam Mickiewicz, MAM 693/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
37 / 40

Masque mortuaire d’Adam Mickiewicz

Le masque mortuaire exprime à la fois l’intention de préserver la mémoire du défunt et le désir de reproduire et diffuser sa représentation. Des artistes célèbres sont souvent impliqués dans les moulages posthumes, tel le masque mortuaire de Frédéric Chopin, dont l’auteur est Auguste Clésinger. Celui réalisé à la mémoire de Mickiewicz a servi de modèle pour le monument funéraire situé au cimetière de Montmorency, où le poète souhaitait se reposer aux côtés de sa femme, Celina.

Masque mortuaire d’Adam Mickiewicz, 1855, MAM 47/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
38 / 40

Médaillon en hommage par Antoine Bourdelle

La numismatique peut permettre de mesurer la popularité posthume des artistes. La médaille, présentée ici, est exécutée par le célèbre sculpteur de la fin du XIXe siècle, Antoine Bourdelle. L’artiste est non seulement l’auteur de la médaille, mais également le concepteur du monument dédié à Mickiewicz, connu sous le nom Monument à l’Epopée de défense polonaise. Ce monument autrefois situé Place de l’Alma à Paris, est aujourd’hui accessible au public dans la Cour Albert Ier.

Antoine Bourdelle, Médaillon en hommage d’Adam Mickiewicz/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
39 / 40

Boîte d’allumettes avec portrait d’Adam Mickiewicz

Adam Mickiewicz est devenu une icône de la culture polonaise donc son image commence à intéresser les publicistes qui vont l’utiliser à des fins purement commerciales. Ils vont par exemple l’apposer sur des boîtes d’allumettes. Ce n’est pas un hasard : le poète est connu pour son amour pour la pipe.

Boîte d’allumettes avec portrait d’Adam Mickiewicz, OZ 232/BPP/THL.
Fot. Hanna Zaworonko-Olejniczak
40 / 40

Affiche Mickiewicz « J’aime toute la nation » par Ryszard Horovitz

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle marquent la période d’épanouissement d’un nouveau domaine des arts graphiques – l’affiche. L’affiche d’Horovitz, présentée ici, est le premier usage du portrait de Mickiewicz sous cette forme. Le slogan est destiné à réconforter les cœurs :« J’aime la nation [polonaise] tout entière ». L’affiche est réalisée en 1904 à Lviv, donc avant que la Pologne ne retrouve son indépendance. L’auteur, lors de sa préparation, s’est basé sur une photographie bien connue du poète, un daguerréotype de 1842.

Ryszard Horovitz, Affiche Mickiewicz „J’aime toute la nation”, THL.BPP.OP.232/4/BPP/THL.

 

Auteurs : Agnieszka Wiatrzyk, Klara Jackl
Coordination : Klara Jackl
Photos : Hanna Zaworonko-Olejniczak
Consultation scientifique : Anna Czarnocka
Traduction : Zofia Sochańska, Agnieszka Wiatrzyk
Réalisation : Artkolektyw www.artkolektyw.com

 

Projet financé par le ministère de la culture et du patrimoine national à partir du Fonds de promotion culturelle, obtenus à partir de subventions établies dans les jeux soumis au monopole d’État, conformément à l’article 80, paragraphe 1, de la loi du 19 novembre 2009 relative aux jeux d’argent et de hasard.